Prédire les tendances d’une année entière relève toujours un peu du pari. Les collections de 2027 ne sont pas encore toutes dévoilées, et les goûts se forment autant dans la rue et sur les réseaux sociaux que dans les ateliers. Il est pourtant possible de repérer des mouvements de fond, déjà visibles en 2025 et 2026, qui ont toutes les chances de se prolonger. Tour d’horizon de ce qui se dessine, et de ce qui reste incertain.
L’or jaune garde la main
Après des années où l’or blanc et l’argent dominaient les vitrines, l’or jaune s’est réinstallé au premier plan. Rien n’indique un retournement. Sa chaleur s’accorde avec les palettes naturelles qui habillent les collections de prêt-à-porter, et il se prête aussi bien aux bijoux fins qu’aux pièces massives. La hausse du prix du métal pousse cependant les marques à travailler des volumes creux, des mailles aérées ou des titres plus bas, comme le 9 ou le 14 carats, pour conserver des prix accessibles.
Le mélange des métaux, longtemps proscrit par les manuels de bon goût, est désormais admis : or jaune et or gris sur une même main, argent et or superposés au poignet. Cette liberté permet de faire cohabiter bijoux hérités et achats récents, et devrait continuer à guider la manière de porter bien plus que la manière d’acheter.
Des volumes plus francs
Les formes généreuses continuent de s’imposer : créoles épaisses, bagues dômes, manchettes sculptées, chaînes à grosses mailles. Le métal martelé ou texturé, qui accroche la lumière de façon irrégulière, remplace souvent le poli miroir. Ces pièces fonctionnent comme un point focal et se suffisent à elles-mêmes. Elles demandent en revanche un peu de méthode pour ne pas écraser la silhouette, et nos conseils sur les bijoux et accessoires pour sublimer une tenue restent un bon point de départ pour doser l’effet.
La perle sort du placard
La perle a perdu son image de bijou sage. Elle se porte baroque, irrégulière, montée sur une chaîne en or brut ou en boucle d’oreille unique. Les hommes l’ont adoptée, en collier court ou en pendentif, dans le sillage de personnalités qui l’ont affichée sur les tapis rouges. Les perles d’eau douce, plus abordables, rendent cette tendance accessible au plus grand nombre, et les créateurs indépendants s’en sont largement emparés.
La qualité d’une perle se juge à son lustre, à l’épaisseur de sa nacre, à la propreté de sa surface et à la régularité de sa forme, ou à la beauté de son irrégularité pour les baroques. Une perle terne ou dont la nacre s’écaille perd l’essentiel de son intérêt, quel que soit son diamètre.
Le bijou d’occasion devient un réflexe
C’est sans doute le mouvement le plus structurant. Acheter un bijou de seconde main n’a plus rien d’un pis-aller : c’est un choix assumé, qui conjugue budget, singularité et sobriété. L’or ne s’use pratiquement pas, une bague ancienne peut être remise à taille et repolie, et chaque pièce porte une histoire. Les plateformes spécialisées, les dépôts-ventes et les comptoirs d’or ont développé leur offre en conséquence. Parcourir les bijoux d’occasion sélectionnés par Maison Or et Bijoux, en or 18 carats et garantis douze mois, donne une idée de ce que ce marché propose aujourd’hui, entre classiques intemporels et pièces anciennes. Cette logique rejoint celle du recyclage : l’or fondu d’un bijou démodé peut être réemployé pour une création nouvelle, ce qui séduit une clientèle attentive à l’impact de ses achats.
Diamant de synthèse : le débat continue
Les diamants créés en laboratoire ont les mêmes propriétés physiques et chimiques que les diamants naturels, et seuls des appareils spécialisés permettent de les distinguer. Leur prix a nettement baissé ces dernières années, ce qui les a rendus très présents dans la bijouterie de mode et les bagues de fiançailles. En France, la réglementation impose de signaler clairement leur caractère synthétique. Pour 2027, la question porte moins sur leur présence, désormais installée, que sur leur positionnement : bijou accessible et assumé comme tel, ou concurrent direct du naturel ? Les grandes maisons de joaillerie restent, pour la plupart, attachées aux pierres naturelles.
Ce qui reste à confirmer
D’autres pistes circulent sans s’être encore pleinement imposées. La personnalisation poursuit sa progression, avec les initiales gravées, les charms que l’on ajoute au fil du temps et les pendentifs à message. Le bijou masculin s’élargit au-delà de la chevalière et de la gourmette, avec des broches et des bagues plus audacieuses. Les pierres de couleur, spinelles ou tourmalines, gagnent du terrain face au tout-diamant. Enfin, la traçabilité des matériaux, or recyclé ou issu de filières documentées, pourrait devenir un argument de vente central.
Aucune de ces tendances n’est une obligation. La plus durable reste celle qui consiste à porter ce que l’on aime vraiment, que la pièce soit neuve, héritée ou chinée.
