MEDIAF, Le réseau des medias francophones
Vendredi 10 septembre 2010
Rechercher

Lettre d'information

Répertoire des médias
Liste complète


Avec le soutien de l'
Lien vers le site de l'Organisation Internationale de la Francophonie

Accueil : Presse écrite
Presse écrite
Presse écrite Liban -En dépit des percées, des incertitudes demeurent sur le sort des municipales…
18/02/2010 - Liban / L'Orient-Le Jour / Politique

La situation
Alors, guerre ou pas guerre ? Après le discours du secrétaire général du Hezbollah mardi soir, la classe politique était hier divisée. Les proches du Hezbollah ont estimé que « le sayyed » a clairement montré qu'une nouvelle guerre est très difficile sinon impossible, en raison des préparatifs du Hezbollah et de sa capacité à rendre les coups au centuple, alors que les proches du 14 Mars ont estimé que le secrétaire général du parti a annoncé toutes les foudres possibles et a parlé une fois de plus comme s'il était seul à décider du sort du Liban, balayant en quelque sorte les espoirs placés dans une prochaine tenue de la table du dialogue destinée à définir une stratégie de défense.
En fait, à part le président Amine Gemayel, les ténors du 14 Mars se sont abstenus de commenter directement le discours, laissant plutôt la parole « aux personnalités de second rang ». Le député Antoine Zahra s'est ainsi surtout insurgé contre l'affirmation de Nasrallah selon laquelle ceux qui affirment ne pas vouloir fournir de prétextes à Israël justifient une éventuelle agression israélienne, voire l'appellent.

De son côté, le président de la Chambre Nabih Berry a estimé qu'Israël, à cause de sa puissance de feu, peut causer de terribles destructions et des pertes considérables, mais que le résultat sera le même : un échec stratégique et l'impossibilité de creuser un fossé entre le peuple et la Résistance et de provoquer la discorde au sein de la classe politique. Le député du bloc de la Résistance Ali Fayad a, lui, insisté sur le fait que le Hezbollah ne veut pas la guerre, même s'il reste prêt à toutes les éventualités, alors que le président Amine Gemayel a demandé à Hassan Nasrallah de définir où s'arrêtent ses priorités libanaises et où commencent celles iraniennes. Ce qui est sûr, c'est que le secrétaire général du Hezbollah est monté d'un cran dans son dernier discours, insistant sur le fait que la riposte du Hezbollah « ne provoquera pas quelques trous dans les murs des immeubles, mais les détruira entièrement ». Ce qui laisse entendre que le parti possède désormais des missiles plus sophistiqués et d'une plus grande capacité destructrice. C'est en tout cas la première fois que le secrétaire général du Hezbollah lance des menaces aussi précises. Pour le général à la retraite Amine Hoteit, il s'agit d'un message clair adressé aux Israéliens, visant à les dissuader définitivement de se lancer dans une nouvelle aventure militaire, alors que l'ancien Premier ministre Sélim Hoss a relevé le fait que c'est la première fois qu'une partie arabe répond d'égal à égal à Israël.
Bref, le débat est encore ouvert et il fera encore couler beaucoup d'encre et suscitera de nombreuses spéculations. Un peu comme le dossier des élections municipales qui n'en finit plus de faire l'objet de débats au sein du Conseil des ministres.
Pour l'instant, et pour la cinquième fois, le Conseil des ministres s'est penché sur le dossier, examinant les réformes de la loi proposées par le ministre Ziyad Baroud. Jusqu'à présent, trois points ont été en principe adoptés : la réduction du mandat des élus municipaux à cinq ans au lieu de six, l'ouverture des candidatures aux fonctionnaires et l'adoption d'un quota féminin, facultatif d'abord mais obligatoire depuis hier, de 20 %. Un autre point de la plus grande importance a été décidé au cours de la réunion d'hier. Il s'agit de l'adoption du principe du scrutin proportionnel dans le processus de vote. Le projet Baroud le prévoyait dans les grandes localités (résolvant ainsi indirectement la polémique au sujet d'un éventuel découpage de Beyrouth réclamé par Michel Aoun), mais le Conseil des ministres, à la demande du Premier ministre Saad Hariri, a préféré consacrer le principe dans sa généralité. Reste toutefois à définir le mécanisme qui sera adopté pour appliquer le vote proportionnel. Et c'est là que les débats peuvent se corser au cours de la semaine prochaine. Ce qui est sûr, c'est que l'adoption du principe du vote proportionnel peut être un prélude à son application dans les élections législatives de 2013. Mais l'échéance est encore lointaine, d'autant que nul ne peut encore affirmer avec certitude que les municipales auront lieu à la date prévue. Les délais pour la convocation du corps électoral ont certes été reportés pour permettre au ministère de l'Intérieur d'achever les préparatifs, mais dans tout ce dossier, le flou persistant et le manque de conviction révélé par divers courants politiques dans leurs cercles privés laissent la porte ouverte à tous les reports. De nombreux analystes restent ainsi convaincus que les élections n'auront pas lieu à la date prévue, mais qu'aucune partie ne souhaite assumer la responsabilité du report.
Pourtant, s'il faut en croire les discours officiels, les élections devraient se dérouler normalement, notamment en raison du climat de détente politique entre les rivaux d'hier et d'aujourd'hui. Une solution a même été trouvée pour la proposition de fixer l'âge de vote à dix-huit ans. Elle a été présentée par le Hezbollah soucieux d'éviter les tensions entre ses deux alliés, Nabih Berry et Michel Aoun, et elle consiste (déjà !) dans l'adoption du principe qui sera toutefois appliqué dans les législatives de 2013.
Autre source de tension qui serait sur le point d'être surmontée, cette fois entre Saad Hariri et Walid Joumblatt : la nomination des membres de la commission de contrôle des banques. Si la décision est prise, le gouvernement aura accompli un pas vers la relance des institutions, alors que de plus en plus de voix s'étonnent de la lenteur dans la gestion des affaires étatiques, notamment dans le domaine des nominations administratives, diplomatiques, judiciaires et sécuritaires.
Il est vrai que l'État dans son ensemble a tant de dossiers à traiter. Le dernier en date est celui de la participation du Liban au sommet arabe de Libye, qui sera examiné avec le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, arrivé hier à Beyrouth. Selon certaines informations, le Liban aurait déjà choisi de ne pas participer à un niveau élevé à ce sommet, à la demande expresse du président de la Chambre. Le chargé d'affaires libanais à Tripoli aurait d'ailleurs été convoqué à Beyrouth dans ce but et il pourrait être le seul représentant du Liban au sommet. Un peu mieux toutefois que la participation du Liban au sommet de Damas en mars 2008... Les temps changent, mais la disparition de l'imam Moussa Sadr reste un écueil insurmontable.

Pays : Liban
Thème : Politique
Auteur : Scarlett Haddad
Source : L'Orient-Le Jour
Article précédentArticle Précédent  
Dessin du jour
Dessin du jour

Dossiers du mois
Presse écrite Congo : La séroprévalence du sida en baisse de 3,1%
Presse écrite Fête du ramadan: « Cette année, le zom-koom aura un goût amer »
Presse écrite Obstacle au développement : Cinq millions de Maliens sont analphabètes
Presse écrite Mali -Cinquantenaire : Une occasion pour réhabiliter GMT ?
Presse écrite Polygamie : Une pratique ancestrale
Les archives

AccueilAccueil
Navigation par thèmes :
Réalisation & Hébergement WebFutur.com