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Presse écrite Blaise Compaoré : 1 capitaine, 4 fronts
04/01/2010 - Burkina Faso / L'Observateur Paalga / International

Il doit renouveler son bail au palais de Kosyam fin 2010. Il doit aussi, au cours de cette année, mener à bon port les médiations dans lesquelles il est embarqué au Togo, en Côte d’Ivoire et en Guinée-Conakry qui doivent également, en principe, ré(élire) leur président au cours des douze prochains mois. 1 capitaine sur 4 fronts aux configurations différentes, voici ce qui attend Blaise Compaoré.

2010 s’ouvre sur de nombreux chantiers pour le président du Faso. Il faut dire que l’année qui s’achève aura été riche en événements lourds de conséquences. On retiendra les effets de ce vent d’alternance qui a secoué l’illustre CDP. D’abord, la querelle des Refondateurs qui aboutira au départ quelque peu forcé de quelques-unes des figures du parti ultra-majoritaire ; puis le désaveu du tout- puissant Salif Diallo ; et, « last but not least », la création du FOCAL de Zéphirin Diabré.

Sur le plan politique, 2009 aura également été marquée par la polémique qui s’est développée autour du statut et de la désignation du chef de file de l’Opposition. Et l’on se souviendra encore longtemps de la déroute de l’Eléphant qui, après avoir soutenu le candidat Blaise Compaoré en 2005, se rallie désormais au programme du « Progrès continu pour une société d’espérance ».

Evénement marquant parmi tant d’autres, le déluge qui s’est abattu une bonne partie de la journée du 1er septembre sur la capitale et ses environs. Une catastrophe sans précédent qui aura marqué les esprits, laissant sur son passage d’affreuses cicatrices (dont certaines indélébiles) dans nos quartiers et de nombreux sinistrés sans abris, comme si les effets de la crise économique mondiale ne suffisaient pas à l’angoisse des Burkinabè.

2010 se profile donc, charriant avec elle une bonne partie des tracas engendrés par son aînée moribonde. Certains sujets en effet n’ont pas fini de faire parler d’eux. Les conséquences encore nombreuses des inondations et le Serpent de mer que représente la révision de l’article 37 de notre Loi fondamentale en font partie.

Et si la date de la présidentielle a été fixée - au 10 novembre 2010 - deux candidats sont d’ores et déjà connus. Il s’agit de Me Bénéwendé Sankara et de Norbert Tiendrébéogo, tous deux sankaristes. Mais, dans ce Burkina de la 4e République, il se trouve que le résultat de ces consultations futures est connu bien avant même le début de la campagne. Un scrutin donc connu d’avance et, plus encore, depuis que l’Eléphant de l’ADF/RDA s’est fourré la trompe dans la besace du tout- puissant CDP. Ainsi, les défis ne manquent pas au Pays des hommes intègres.

Mais en plus de ces angoisses domestiques, le capitaine Blaise Compaoré aura de quoi mobiliser son équipe de conseillers, tant il est sollicité sur l’échiquier sous-régional. En effet, trois autres fronts sollicitent les compétences de Kosyam.

En effet, notre docteur ès facilitation, embarqué qu’il est dans le long et fastidieux processus de paix en Côte d’Ivoire, attend de voir, en 2010, ses efforts aboutir à des résultats concrets. Mille fois reporté, le scrutin que tous les Ivoiriens attendaient pour fin 2009 est toujours à l’état de simple projet, malgré l’affichage, ces dernières semaines, des listes électorales. L’espoir est donc toujours de mise alors que la question de savoir si cette présidentielle aura bien lieu en 2010 comme le promettent tous ses acteurs, est toujours en suspens.

Mais, surtout, ce qui inquiète les observateurs de la scène politique ivoirienne, c’est de savoir à quoi aboutira le contentieux postélectoral, car de la réponse à cette interrogation dépendra l’épilogue d’une crise qui n’a que trop duré.

Mais si pour la Côte d’Ivoire aucune date n’a pour le moment été fixée, le Togo quant à lui ira aux urnes le 28 février. Et ce, même si depuis des mois l’opposition mène un combat d’arrière-garde en faveur d’un scrutin à deux tours. Peine perdue, car celui qui cultive le champ de son père n’a pas l’intention de changer des dispositions taillées à sa mesure. Une fois de plus, l’opposition sera le dindon d’une farce à la mode togolaise.

Dernier venu dans la longue liste des médiations de Blaise Compaoré, le dossier guinéen, qui n’est pas loin de s’embourber, après le bilan très mitigé de la médiation de Kosyam, la tentative d’assassinat du chef de la junte, et la publication du rapport des Nations unies sur les massacres du 28 septembre dernier. Là plus qu’ailleurs, Blaise Compaoré devra marcher sur des œufs, tant les militaires au pouvoir à Conakry sont acculés et peu enclins à lâcher du lest.

Ce sont là autant de sujets qui, sur le grand échiquier africain, vont préoccuper notre docteur ès médiation de Kosyam. Espérons seulement que malgré toutes les sollicitations extérieures, le président du Faso trouvera du temps et suffisamment d’énergie pour s’occuper du Pays des hommes intègres qui, après cinq ans, est loin d’avoir atteint toutes ses ambitions, même si certaines langues bien intentionnées disent qu’il avance... Plus que jamais, son programme de progrès continu pour une société d’espérance est en question.


Pays : Burkina Faso
Média : Presse écrite
Auteur : L'observateur Paalga
Source : L'Observateur Paalga
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